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L’industrie musicale : pourquoi la représentation des femmes et des minorités reste un enjeu majeu

Photo de 8 trophées des Grammy posés sur une table, avec leur socle carré noir et leur gramophone doré
Grammy Awards, Press Room, New York, USA - 28 Jan 2018

Depuis toujours, la musique n’est pas seulement un divertissement : elle constitue un espace où plusieurs profils, identités, se côtoient et partagent une passion commune malgré leurs différences. Ce rapport à la musique est propre à chacun, mais se remarque à travers la répartition des artistes et de leur public par genre musical, âge, sexe, style et beaucoup d’autres critères.


Selon le Centre National de la Musique, en France, seulement 30% des titres les plus écoutés ont une voix féminine principale, contre près de 60% pour les hommes.

Cependant ces dernières décennies montrent divers changements : les femmes s’imposent et sont de plus en plus reconnues dans ce milieu, ou encore les minorités sont un peu plus représentées chaque jours. Ces facteurs montrent une ouverture d’esprit et des changements de mentalités tant chez les artistes que chez le public.



Les inégalités par genre musical


En 2025, le rap est le genre qui domine les streams avec presque 50% des écoutes, mais reste majoritairement masculin et francophone, avec une forte sur‑représentation d’artistes hommes et une place encore marginale pour les femmes et les personnes LGBT+. Ce déséquilibre montre les conséquences d’un genre victime de stéréotypes ancrés dans les esprits, où le rap est associé à la figure du « jeune homme de banlieue » et comme un genre « violent ». La légitimation de rappeuses ou de personnes queer est alors difficile, puisqu’ils ne correspondent pas à cette image d’un genre décrit comme « viril ». Cette vision du rap fait pourtant sens contraire à ses valeurs principales, qui étaient de dénoncer les différentes inégalités sociétales.


Le rock et le métal prolongent une exclusion historique : dès les années 1970, punk et hard rock se forment autour de groupes 100% masculins. Femmes, personnes racisées et LGBT+ existent pourtant dans ce milieu, mais sont souvent trop peu mises en avant. Certains groupes comme Bikini Kill ou encore Shaka Ponk arrivent cependant à se faire connaitre en représentant des minorités qui sont rarement entendues dans ces genres.


Au contraire, l’électro, héritière des clubs queer des années 1980 (house, techno…), offre un espace LGBT+ privilégié et sécurisé.


Billie Eilish, souriante avec ses cheveux vert et noir et une tenue assortie, posant avec ses 5 Grammys lors de la cérémonie des Grammy Awards de 2020.
Billie Eilish : (ALBERTO E. RODRIGUEZ / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

La pop, un genre qui s’assume


La pop, quant à elle, attire un public bien plus diversifié. En effet, comparé aux autres genres, beaucoup d’artistes qui dominent ce secteur sont des femmes : Beyoncé, Rihanna, Ariana Grande ou encore Taylor Swift et bien d’autres.

Ces chanteuses abordent souvent des sujets d’actualité et montrent leur soutien aux minorités en tout genre. Par exemple, Beyoncé s’est imposée dans le milieu en tant que femme noire, et a sorti plusieurs morceaux auxquels toutes les femmes peuvent s’identifier comme Run the World (Girls), véritable hymne d’émancipation.

D’autres artistes comme Chappel Roan ou Billie Eilish, avec son titre Lunch, assument pleinement leur sexualité.


Toutes ces artistes représentent un message d’espoir en montrant qu’il est possible de réussir et être entendues malgré ses différences.


Cependant, la pop est souvent victime d’une hypersexualisation depuis les années 1990 avec le règne de Britney Spears ou Christina Aguilera. Les producteurs et labels restent masculins, créant un fossé entre pouvoir et public. Billie Eilish, Olivia Rodrigo ou encore Doechii contournent cette norme via des codes émotionnels nuancés, exprimant leurs vulnérabilités avec des visuels sans artifices pour ne pas détourner l’attention du public du message qu’elles cherchent à véhiculer.


Le chanteur Lil Nas X posant avec ses deux Grammys dans une tenue de cowboy rose et doré, reflétant celle de son clip de la musique “Old Town Road” lors des Grammy Awards de 2020.
Lil Nas X : Rachel Luna/FilmMagic


Rosalia, une personnalité hybride


Certains interprètes arrivent pourtant à mélanger les genres, malgré leurs caractéristiques très différentes : Rosalía est le parfait exemple actuel. Formée au flamenco, elle fusionne tradition et trap/reggaeton dans son album «El Mal Querer » (2018), structuré comme un roman médiéval qui raconte une relation toxique. Cet album a cependant divisé les critiques : certains l’accusent d’appropriation tandis que d’autres apprécient l’ouverture à un nouveau public et des récits féminins complexes.


Son album « Motomami » (2022) et « Lux » (2025) marquent un mélange culturel approfondi : mystiques, mêlant spiritualité, foi et désir et qui s’oppose ouvertement à l’hypersexualisation de la pop. Sa chanson Berghain, en collaboration avec Björk et Yves Tumor, regroupe langues et genres différents, avec des passages en anglais, allemand et espagnol, le tout en combinant la pop, l’avant-garde et le baroque, montrant une fluidité culturelle et genrée peu vue à cette époque.



Casser les codes pour se démarquer


Beaucoup d’artistes ont appris à s’approprier leurs différences afin de se démarquer.

Lil Nas X est aussi un bon exemple d’artiste qui s’assume dans un milieu parfois discriminant. Dans sa chanson à succès Old Town Road (2019), l’artiste assume pleinement sa sexualité via un clip provocateur, qui ridiculise au travers des tenues roses ou à paillettes le rap viril.


D’autres artistes ont également su faire de leurs différences une marque de fabrique. David Bowie, a brillé tout au long de sa carrière en jouant avec les frontières de genre et en se créant des identités multiples, lui donnant l’image d’un véritable avant-gardiste.


Côté santé mentale, Billie Eilish, avec son esthétique atypique, a bouleversé les codes de la pop contemporaine en montrant qu’assumer ses vulnérabilités peut devenir une force, ce qui lui a permis de se rapprocher fortement de ses fans qui peuvent alors facilement s’identifier à elle.


Lady Gaga, par son excentricité et ses visuels parfois provoquant, a réussi à remanier la pop pour en faire un espace créatif, libre et audacieux.

Enfin, Beyoncé a fait de son parcours de femme noire dans l’industrie musicale une force de représentation et d’empowerment, utilisant sa voix et sa popularité comme un symbole d’indépendance et de fierté.


Si tu te poses la question “Comment ta différence peut-elle devenir une force artistique ?” alors penses au fait que ces artistes, chacun à leur façon, redéfinissent à travers leurs musiques les codes de masculinité/féminité/queer… Ils ont compris que leurs différences n’étaient pas un frein mais un moyen de se démarquer de tous leurs concurrents. En assumant pleinement ce qui les rend uniques, ils ont su construire une identité forte, authentique et ainsi créer une connexion inégalable avec leur public.


Photo du groupe Shaka Ponk avec ses 6 membres, se tenant debout fièrement et avec différentes formes peintes en blanc, rouges et noirs sur leur corps et visage.
Shaka Ponk : Photo de Denis Rouvre

Vers une transformation industrielle pour plus de représentation des femmes et de la diversité ?


Les statistiques de diffusion et de programmation confirment la forte sous-représentation des femmes et des minorités dans l’industrie musicale, tandis que les codes genrés propres à chaque style peuvent aussi bien exclure que favoriser leur émergence.


Face à ces contraintes, certains artistes choisissent de renverser les normes esthétiques et symboliques de leur genre. Les parcours de Rosalía, David Bowie ou Lady Gaga illustrent l’ouverture de voies plus plurielles et de représentations diverses.

Cependant, ces innovations doivent s’accompagner de changements notables au sein de l’industrie, tels que les quotas de programmations, une meilleure visibilité ou encore une plus grande diversité au sein des labels ou des productions.

L’attention portée par les jeunes générations à ces nouveaux exemples montre un fort intérêt envers les questions de représentations identitaires au sein des musiques contemporaines.


Si vous vous sentez perdu avec tous ces genres et critères, Silence Éphémère vous guide sur comment identifier votre style dans son article : “Exercices pour identifier son style, ses influences, et ce qui rend son style unique”, et si vous souhaitez qu’on réfléchisse à vos stratégies de promotion musicale, venez nous rencontrer !


La plupart des données ont été prises dans les différentes études du CNM





équipe de silence éphémère studio

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