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Comment signer en label : Cracki Records vous dévoile ses méthodes pour sélectionner ses artistes musicaux

Dernière mise à jour : 30 mai



La musique est un monde en constante évolution, façonné par la créativité et la passion des artistes, mais aussi par des labels indépendants tels que Cracki Records. Fondé il y a treize ans par un collectif d'amis partageant une passion commune pour la musique, Cracki Records est devenu un acteur incontournable de la scène musicale française avec des artistes comme Agar Agar, l’Impératrice ou encore Isaac Dilusion.


Dans cet entretien exclusif, nous plongeons dans l'univers de Cracki Records en compagnie de Martin Rousseau, collaborateur au sein du label. Au fil de la conversation, Martin partage son expérience, évoque les origines du label, les motivations qui les animent, les défis rencontrés, et offre un regard approfondi sur la découverte et le soutien des nouveaux talents.


LES ORIGINES et la passion derrière CRACKI RECORDS


Parlez-moi de vous et de la création de Cracki Records.


Je m'appelle Martin Rousseau et je travaille chez Cracki depuis cinq ans. Le label a été créé il y a environ treize ans par un collectif d'amis. Tout a commencé par l'organisation de soirées : en rencontrant des artistes sans label, on s’est décidé de les aider à se développer. Le label a évolué progressivement. Aujourd'hui, nous organisons des évènements à Paris et en France, et nous avons également notre propre festival, le Macki Music Festival.”


En tant que label, quelle est votre principale source de motivation et de passion pour soutenir de nouveaux artistes et continuer à évoluer dans l'industrie musicale ?


Notre principale source de motivation est la découverte de nouveaux projets qui nous touchent et nous font vibrer. Nous sommes de grands fans de musique et chaque fois que nous écoutons un artiste, qu'il soit déjà signé chez nous ou non, nous sommes très motivés à l'idée de nous impliquer dans le processus créatif et de les aider à se développer.”


Et quelles sont vos dernières sorties, vos derniers projets ?


Récemment, nous avons sorti le premier EP d'un artiste nommé Edouard Bielle, que nous avons signé il y a environ deux ans. Nous avons également commencé à sortir des morceaux avec une artiste franco-chilienne nommée Alsy, qui a déjà travaillé avec Jimmy Whoo. En janvier, nous allons sortir le prochain album de Saint DX, c'est son premier vrai album. Nous sortons également toujours des productions électroniques, nous avons sorti un EP de remix avec Tushen Raï, qui est le patron du label Hard Fist Records.


L'Identité sonore de Cracki Records


Comment le label parvient il à maintenir cette diversité tout en maintenant une identité cohérente ?


On ne se focalise pas spécialement sur la cohérence. On a généralement les mêmes goûts au sein du label. Quand un artiste nous plaît, on commence à travailler avec lui. Il existe peut-être une "touche Cracki". On pense que cela fonctionne bien au sein du label. Mais si on regarde bien, on a une grande variété de projets, de l'électro Trans avec Eliott Litrowski à la pop française avec Edouard Bielle, en passant par le funk brésilien avec Diogo Strausz. Il n'y a pas vraiment de limites en termes de genre musical. L'important pour nous, c'est que la musique nous plaise. Ensuite, elle trouve naturellement sa place sur le label, que ce soit Cracki ou Goutte d'Or, notre autre label. On ne se pose pas trop de questions. On fonctionne vraiment au coup de cœur.


Comment le label a-t-il évolué depuis ses débuts en termes de son et de portefeuille d'artistes ?


En termes de son, on n'a pas vraiment eu une évolution définie. On a évolué avec le temps et avec le développement de chacun. La musique que les gens écoutent aujourd'hui n'est pas la même qu'il y a dix ans, que ce soit en électronique ou en pop. On a donc évolué avec le temps. Au début, on était un petit collectif d'amis sans expérience particulière dans l'industrie musicale. Au fil du temps, on s'est structurés et on a appris à naviguer dans des domaines qui étaient un peu flous pour nous, comme les contrats ou l'édition. Aujourd'hui, on a notre propre boutique et nos bureaux, et on vend nos disques directement.


Prises de risques artistiques


En tant que label indépendant, comment gérez-vous la prise de risques artistiques, surtout lorsqu'il s'agit de soutenir des artistes moins conventionnels ?


Avez-vous des exemples de prises de risques qui ont abouti à des succès inattendus ?


"Nous aimons prendre des risques artistiques. Nous aimons travailler sur tout ce qui est graphisme autour de la pochette, faire de belles photos, et pousser le concept de l'artiste au maximum. Par exemple, nous avons sorti le disque de Joseph Schiano di Lombo qui s'appelle "Musique de niche", une musique très reposante conçue à la base pour les chiens. Nous avons vraiment poussé le concept à fond, avec un clip avec des chiens, des photos de presse avec des dizaines de chiens".


Découverte de nouveau talents


Quels sont les critères fondamentaux que Cracki Records recherche lorsqu'il choisit de signer un nouvel artiste ?


On n'a pas vraiment de critères définis. La signature d'un artiste est avant tout un coup de cœur. Cependant, on veille à ne pas avoir deux projets qui sonnent trop pareil au sein du label. On reçoit beaucoup de projets très cool, mais on ne peut pas signer tout le monde. On aime prendre le temps de développer chaque projet. Chaque projet doit être différent de ce que l'on a déjà sorti. Par exemple, après avoir travaillé avec un groupe comme L'Impératrice, on reçoit beaucoup de titres qui sonnent exactement pareil. Mais on est constamment à la recherche de nouveautés. On évite de signer des groupes qui ressemblent trop à ce que l'on a déjà.”


Pouvez-vous nous parler de vos méthodes pour découvrir de nouveaux talents musicaux ?


Cherchez-vous activement des nouveaux talents ou est-ce plus une question de hasard ?


"Il y a un peu des deux. D'une part, nous recevons beaucoup de mails avec des démos ou des projets que des contacts nous envoient, en pensant que cela pourrait bien correspondre à notre label. Par ailleurs, il y a des plateformes, comme Groover par exemple, qui mettent en relation les professionnels de la musique et les artistes, ce qui facilite les contacts. Cependant, nous n'avons pas toujours le temps de lire tous les mails que nous recevons. Il y a aussi le bouche-à-oreille, les amis, et des découvertes qui sont le fruit du hasard. Parfois, nous allons à un concert, nous découvrons une première partie, ou nous écoutons un artiste lors d'un festival et nous aimons vraiment ce que nous entendons. Et parfois, nous contactons des artistes que nous écoutons depuis un petit moment quand nous avons vraiment un coup de cœur et que nous avons envie de travailler avec eux".


Vous parlez de plateformes en ligne, vous pensez à Deezer comme Spotify, Youtube, etc?


"Oui, c'est ça. Youtube, Spotify, et aussi TikTok. Il y a énormément de découvertes à faire sur ces plateformes. Nous avons récemment embauché quelqu'un pour faire des découvertes sur TikTok. Sinon, nous utilisons beaucoup Spotify et Youtube. L'algorithme de Spotify est très précis, nous passons des heures et des heures chaque jour à écouter de la musique sur ces plateformes. Et parfois, nous découvrons de nouvelles scènes, comme à Berlin ou en Espagne, où nous avons découvert de nombreux artistes que nous avons invités à notre festival."


Comment équilibrez-vous entre l'originalité artistique et la commercialité potentielle lors de la sélection d'un artiste ?


"Le potentiel commercial n'est pas notre préoccupation principale. Ce qui est important pour nous, c'est que la musique nous plaise. Nous pensons que si la musique nous plaît, elle plaira probablement à d'autres personnes aussi. Nous ne cherchons pas à trouver la prochaine pépite qui va nous faire gagner beaucoup d'argent. Nous croyons en tous nos projets de la même manière."


Conseils précieux pour les artistes


Quels conseils donneriez vous aux artistes pour avoir le plus de chance de signer avec un label ?


Il faut bien travailler la musique, c'est le plus important. Il ne faut pas essayer de copier, il faut trouver son propre son, avoir sa propre touche. Il faut aussi avoir une direction claire, savoir où on veut aller. Et pour contacter un label, le mieux est de le faire en direct. Si on est loin, on peut envoyer un mail, mais il faut bien travailler la structure du mail pour se démarquer.”


Martin Rousseau termine par : “Chez Cracki Records, nous sommes constamment à l'affût de nouveaux talents. Bien que nous ne signions pas une multitude d'artistes, nous nous engageons à conserver notre label à une échelle humaine afin de pouvoir consacrer 100% de notre énergie à chaque projet. Nous prenons toujours plaisir à soutenir tous les projets, qu'ils soient officiellement signés sur notre label ou non.”

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